À 2 h 24, une voiture s’est arrêtée devant la maison.

Helen est entrée avec notre avocat, Richard Cole, et un agent de sécurité.

Je leur ai raconté ce que j’avais vu.

Richard m’a demandé :

— Êtes-vous certaine de vouloir déposer une plainte ?

— Je veux que les faits soient documentés. Il a pris des documents, de l’argent et des objets qui ne lui appartiennent pas exclusivement. Et je veux savoir s’il avait l’intention de les utiliser pour accéder aux comptes de l’entreprise.

Helen a ouvert son ordinateur.

— Nous avons déjà suspendu les accès qui pouvaient être compromis. Les banques ont été prévenues et les demandes de modification sont bloquées en attendant vérification.

Richard a hoché la tête.

— Très bien. Mais nous devons rester prudents. Le fait qu’il ait emporté le dossier ne prouve pas encore ce qu’il comptait en faire.

Je le savais.

Je ne voulais pas transformer mes soupçons en certitudes.

Je voulais des preuves.

L’agent de sécurité a photographié le coffre ouvert et l’endroit où le sac avait été posé. Nous avons dressé une liste des objets manquants, puis j’ai appelé la police pour signaler le départ de Daniel avec les biens et les documents.

À 3 h 10, j’ai reçu un message d’un numéro inconnu.

« Ne fais rien de stupide. Tu ne sais pas ce que tu viens de perdre. »

Je l’ai montré à Richard.

Il m’a demandé de ne pas répondre.

Nous avons conservé le message.

Daniel croyait que Sterling Global lui appartenait

Le lendemain matin, Daniel ne m’a pas appelée.

À 8 h 30, il a envoyé un courriel.

Il disait qu’il avait besoin de prendre quelques jours pour réfléchir à notre mariage et qu’il ne voulait pas que je cherche à le contacter.

À 9 h 15, Helen m’a informée qu’un accès non autorisé avait été tenté sur une plateforme utilisée par Sterling Global.

La tentative avait été bloquée par le système de sécurité.

Le nom d’utilisateur utilisé appartenait à un ancien compte professionnel qui avait été désactivé plusieurs mois auparavant.

Richard a immédiatement transmis les éléments aux enquêteurs.

Nous avons également découvert que Daniel avait pris contact, la veille au soir, avec un ancien consultant de l’entreprise, Mark Ellis.

Mark avait quitté Sterling Global après un désaccord concernant la gestion de certains dossiers. Il avait récemment proposé à Daniel de l’aider à « restructurer » l’entreprise.

Nous ne savions pas encore ce qu’ils avaient réellement préparé.

Mais les messages récupérés avec l’autorisation appropriée montraient qu’ils avaient discuté de la possibilité de faire croire que je souhaitais céder une partie de mes actions.

Daniel aurait alors pu se présenter comme mon représentant auprès de certains partenaires.

Le problème était qu’il n’avait aucun mandat pour le faire.

Et surtout, il ne possédait aucune autorité sur mes actions.

La découverte de l’hôtel

Trois jours après son départ, les enquêteurs nous ont informés que Daniel avait été localisé dans un hôtel de Manhattan.

Il n’était pas seul.

Mark Ellis était avec lui.

Lorsque les enquêteurs sont intervenus, ils ont retrouvé plusieurs documents provenant du coffre ainsi qu’un ordinateur contenant des échanges concernant Sterling Global.

Ils ont également découvert un projet de courrier destiné à plusieurs partenaires financiers.

Ce courrier prétendait que j’étais indisponible pour des raisons personnelles et que Daniel avait été autorisé à prendre temporairement certaines décisions en mon nom.

La lettre n’avait pas été envoyée.

C’était un point important.

Les enquêteurs ont saisi les éléments utiles et ont poursuivi leurs vérifications. Daniel et Mark ont été entendus séparément.

Daniel a d’abord expliqué qu’il avait simplement voulu protéger les intérêts de son épouse.

Puis les messages ont été examinés.

Dans l’un d’eux, envoyé à Mark, il écrivait :

« Une fois les documents récupérés, elle ne pourra plus contrôler le récit. Les partenaires nous écouteront avant de l’écouter elle. »

Cette phrase ne constituait pas, à elle seule, une preuve de toutes les intentions qui lui étaient prêtées.

Mais elle contredisait clairement son explication selon laquelle il aurait simplement voulu me protéger.

Le retour de Daniel

Une semaine plus tard, Daniel m’a appelée.

Sa voix était calme, presque affectueuse.

— Audrey, nous devons parler.

— Nous pouvons passer par nos avocats.

— Tu exagères tout. Je n’ai rien volé. Je suis ton mari.

— Tu as quitté notre maison avec des objets et des documents sans mon accord. Tu as également tenté d’utiliser des informations professionnelles auxquelles tu n’avais pas accès.

Il a soupiré.

— Tu sais très bien que je voulais seulement t’aider.

— Alors pourquoi as-tu préparé une lettre prétendant que tu étais autorisé à agir à ma place ?

Un long silence a suivi.

Puis il a changé de ton.