Elle ignorait encore ce que deviendrait son mariage. Elle ignorait aussi ce que les vérifications révéleraient au sujet des transferts, de la convention et des documents contestés.
Mais elle avait cessé de confondre la patience avec le silence.
Elle avait cessé de croire qu’une femme devait tout accepter pour prouver qu’elle était une bonne épouse.
Et elle avait compris que le véritable danger ne résidait pas seulement dans les 11 300 euros disparus, ni même dans les 35 000 euros engagés dans une opération incertaine.
Il résidait dans cette conviction de Marc qu’après trente-deux ans, il pouvait décider pour elle parce qu’elle finirait toujours par pardonner.
Ce jour-là, Claire n’avait pas encore obtenu toute la vérité. Mais elle avait repris quelque chose que personne n’aurait jamais dû lui retirer : le droit de dire non, même à l’homme qu’elle avait aimé toute sa vie.