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J’ai reçu l’appel de l’hôpital après le geste de mon fils pour sa petite amie, et sa mère a pâli en me voyant arriver À l’hôpital, la mère de Lily m’attendait devant les ascenseurs avec des larmes sur les joues et une enveloppe froissée dans la main. — Vous devez voir ce qu’Aaron a fait, murmura Clara. Il était dix-sept heures trente. Dans le couloir du service d’oncologie, l’odeur de désinfectant se mêlait à celle du café brûlé d’une machine posée près des fauteuils. J’ai regardé l’enveloppe. Elle portait le nom d’Aaron, écrit avec son écriture ronde et appliquée. — Lily va bien ? ai-je demandé. Clara a secoué la tête, puis l’a relevée aussitôt. — Ce n’est pas Lily qui est en danger immédiat. C’est ce garçon qui me rend folle. Venez. Derrière la vitre de la chambre, Aaron était assis près du lit. Sa tête entièrement rasée brillait sous la lumière blanche. Lily dormait, très pâle, les cils immobiles sur ses joues. Une petite couverture jaune remontait jusqu’à son menton. Aaron tenait sa main entre les siennes et, de l’autre, serrait un minuscule bonnet tricoté couleur prune. Je suis restée figée. La veille au soir, il était descendu dans la cuisine sans un seul cheveu sur la tête. J’avais lâché la cuillère que je tenais. Il m’avait regardée avec un calme qui m’avait brisé le cœur. — Lily n’a pas à avoir honte de perdre ses cheveux, maman. Je veux qu’elle sache qu’elle ne traverse pas ça toute seule. Je l’avais serré contre moi, en essayant de ne pas pleurer devant lui. Mais dans la chambre, quelque chose était différent. Aaron avait l’air épuisé. Sur la table roulante, il y avait des formulaires, une bouteille d’eau à moitié vide et un petit étui en toile rouge, celui où il gardait d’habitude ses écouteurs. Une tache de chocolat séché marquait le bord du lit. Clara a frappé doucement avant d’entrer. — Aaron, ta mère est là. Mon fils s’est levé. Il avait les yeux rouges. — Je ne voulais pas vous inquiéter. — Alors explique-moi cette enveloppe, ai-je répondu. Il a regardé Clara. Elle a serré les lèvres. — Ce n’est pas à moi de lui dire, a-t-elle soufflé. Lily s’est réveillée à ce moment-là. Sa voix n’était qu’un filet. — Aaron… tu lui as dit ? Il s’est assis au bord du lit. — Pas encore. Mon ventre s’est noué. — Dit quoi ? Lily a tourné son visage vers moi. Sur son crâne presque nu, il restait quelques mèches fines, retenues par un ruban violet. Le bracelet d’hôpital glissait autour de son poignet maigre. — Il n’aurait pas dû faire ça, a-t-elle murmuré. — Faire quoi ? Aaron s’est levé si brusquement que la chaise a heurté la poubelle métallique. — J’ai juste essayé d’aider. — Aider comment ? Il a pris l’enveloppe, mais ses doigts tremblaient tellement qu’elle a failli tomber. Clara a posé une main sur son bras. — Aaron, tu dois lui parler avant qu’elle découvre tout autrement. — Je sais. Dans le couloir, un chariot a grincé contre le mur. Quelqu’un a appelé une infirmière. La lumière rouge au-dessus de la porte de Lily s’est allumée. Aaron a regardé sa mère, puis moi. — Maman, promets-moi que tu ne vas pas te mettre en colère. Je voulais répondre que je n’étais jamais en colère contre lui. Mais son visage m’a arrêtée. Ce n’était pas le visage d’un adolescent qui avait fait une bêtise. C’était celui de quelqu’un qui attendait une condamnation. — Qu’est-ce que tu as signé ? ai-je demandé. Il a baissé les yeux vers l’enveloppe. — Je ne savais pas à qui demander. Alors j’ai demandé au médecin. Clara a fermé les yeux. La main d’Aaron s’est avancée vers le rabat collé de l’enveloppe. Ses doigts en ont soulevé le bord, lentement, tandis que Lily retenait son souffle…

Aaron sortit trois feuilles de l’enveloppe et les posa sur la table roulante. Je reconnus d’abord le logo de l’hôpital. Puis je lus les mots imprimés en haut de la…