« Compris pour Leah. Aucun souci. »
Puis j’ai ajouté une autre ligne :
« Dans ce cas, puisque Leah ne fait pas partie de la famille, je suppose que vous comprendrez que je ne financerai pas des vacances auxquelles ma future femme n’est pas la bienvenue. Je vous laisse donc organiser le séjour et régler le solde à votre arrivée. »
J’ai appuyé sur envoyer avant de pouvoir changer d’avis.
Les réponses ont commencé à tomber presque immédiatement.
Paige a appelé la première.
— Tu plaisantes, j’espère ?
— Non. Tu as décidé que Leah ne venait pas. J’ai décidé que ma carte bancaire ne venait pas non plus.
— Mais tu as déjà payé l’acompte !
— Exactement. Et je vais contacter l’agence pour connaître les conditions d’annulation et de modification. Je ne vais pas continuer à payer pour un séjour où ma fiancée est exclue.
Elle a poussé un soupir agacé.
— Tu vas vraiment gâcher les vacances de tout le monde pour ça ?
— Ce n’est pas moi qui ai attendu trois jours avant le départ pour exclure quelqu’un.
J’ai raccroché.
Quelques minutes plus tard, ma mère m’a appelé. Elle avait cette voix douce qu’elle utilisait lorsqu’elle voulait me faire culpabiliser.
— Tu sais comment est Paige. Elle parle parfois sans réfléchir. Ne transforme pas une petite dispute en catastrophe.
— Maman, Leah est avec moi depuis quatre ans. Elle a partagé vos anniversaires, vos fêtes et vos repas. Elle a même passé des heures à t’aider lorsque tu préparais Noël. Et aujourd’hui, vous lui expliquez qu’elle n’est pas assez proche de nous pour venir ?
— Ce sont des vacances familiales…
— Alors pourquoi est-ce que je dois payer pour tout le monde ?
Elle n’a pas répondu.
J’ai ensuite contacté l’agence. L’employée m’a expliqué que l’acompte était déjà versé, mais que le contrat autorisait une modification du nom du responsable de réservation et que le solde ne serait prélevé qu’à l’arrivée. Elle m’a aussi précisé les frais éventuels en cas d’annulation.
Je lui ai demandé de m’envoyer les options par écrit. Je ne voulais pas prendre une décision sous le coup de la colère. Je voulais simplement reprendre le contrôle d’une réservation que j’avais organisée et financée.
Le soir, j’ai tout expliqué à Leah.
Elle m’a écouté sans m’interrompre, puis elle a demandé :
— Tu es sûr de vouloir faire ça ? Je ne veux pas être la raison pour laquelle tu te disputes avec ta famille.
Je me suis assis près d’elle.
— Tu n’es pas la raison. La raison, c’est qu’ils pensent pouvoir te traiter comme une invitée facultative tout en me demandant de payer comme si rien ne s’était passé.
Elle a baissé les yeux.
— J’aurais préféré qu’ils me disent simplement qu’ils ne voulaient pas de moi.
Cette phrase m’a fait plus mal que toutes les remarques de Paige.
Le lendemain, Jordan m’a appelé. Il était furieux.
— Tu réalises qu’on a tous posé nos congés ? Papa a déjà prévu la route !
— Vous pouvez toujours partir.
— Et qui va payer le reste ?
— Celui qui veut garder la réservation.
Il a marqué une pause.
— Tu sais très bien que personne n’a prévu cette dépense.
— Moi non plus, je n’avais pas prévu de financer des vacances où Leah serait traitée comme une étrangère.
Il a raccroché à son tour.
Pendant deux jours, le groupe familial est resté silencieux. Puis Paige a envoyé un long message. Elle affirmait qu’elle n’avait jamais voulu blesser Leah, qu’elle avait seulement imaginé un séjour « entre frères et sœurs et parents », et que j’avais mal interprété ses intentions.
Je lui ai répondu :
« Si tu voulais vraiment un séjour sans conjoints ni fiancés, il fallait le dire dès le début. Mais tu ne peux pas décider que Leah est exclue tout en considérant que mon argent, lui, reste disponible. »
Cette fois, elle n’a pas répondu.
Finalement, mes parents ont décidé de maintenir le séjour. Ils ont demandé à Paige et Jordan de participer davantage aux frais. Après avoir consulté les conditions de l’agence, nous avons convenu que je leur laisserais la réservation à condition que le transfert soit effectué correctement et que les paiements restants soient pris en charge par eux.
Je n’ai pas récupéré tout mon acompte, mais j’ai cessé d’être responsable du reste.
Le samedi du départ, Leah et moi sommes partis dans une petite ville côtière différente, à quelques heures de route. Nous avions réservé un appartement modeste, avec une terrasse donnant sur l’océan. Il n’y avait pas cinq chambres, ni de grands repas familiaux, ni de programme chargé.
Il y avait simplement nous deux.
Le deuxième soir, alors que nous regardions le soleil disparaître derrière l’eau, mon téléphone a vibré. C’était un message de Paige :