L’agent de sécurité me conduisit immédiatement hors de la salle de bain. Je serrais Valentina contre moi, incapable de détacher les yeux de Canela. Son corps ne bougeait toujours pas.
— Il faut appeler un vétérinaire, répétai-je. Je vous en prie, faites quelque chose !
— L’ambulance est en route, madame. Et les pompiers arrivent pour sécuriser l’installation électrique.
Je m’accroupis près de ma fille.
— Écoute-moi, mon cœur. Tu n’as rien fait de mal. Tu ne dois surtout pas retourner dans cette pièce, d’accord ?
Valentina hocha la tête, les joues trempées de larmes.
— Canela va mourir à cause de moi ?
— Non, ma chérie. Canela a essayé de nous protéger. C’est un héros.
Mais au fond de moi, une autre peur grandissait. Alejandro savait que nous étions censées partir. Il savait que la maison serait vide pendant plusieurs heures. Et il avait préparé un piège dans la pièce où notre fille aurait pu entrer la première.
Je ne pouvais plus attendre.
Je sortis mon téléphone et appelai le responsable de la sécurité.
— Je veux que personne ne quitte cette résidence sans avoir été identifié. Et surtout, ne prévenez pas mon mari de ce qui vient de se passer.
— Madame, avez-vous une raison particulière de demander cela ?
Je regardai le câble noirci.
— Oui. Je crois que mon mari a essayé de nous tuer.
Un silence pesant suivit.
— Nous allons sécuriser les lieux et prévenir les autorités.
Quelques minutes plus tard, les secours arrivèrent. Les pompiers coupèrent l’alimentation du circuit concerné et interdirent l’accès à la salle de bain. Un technicien spécialisé examina l’installation sans toucher aux éléments suspects. Les policiers photographièrent les lieux et recueillirent les premiers témoignages.
Le vétérinaire arriva presque en même temps.
Il s’agenouilla près de Canela, vérifia sa respiration et commença immédiatement à lui prodiguer les premiers soins.
— Il est vivant, madame. Son état est sérieux, mais nous allons le transporter à la clinique vétérinaire pour le stabiliser.
Je fondis en larmes.
Pour la première fois depuis que j’avais découvert la conversation dans le garage, je sentis que je pouvais respirer.
— Sauvez-le, je vous en supplie. Il nous a sauvées.
Le vétérinaire me promit de faire tout son possible.
Avant de partir, il me regarda avec gravité :
— Il ne faut surtout pas minimiser ce qui s’est passé. L’exposition électrique peut provoquer des complications, même lorsque l’animal semble se rétablir.
Je lui confiai Canela et demandai à un agent de m’accompagner à la clinique dès que Valentina serait en sécurité.
Mais je devais d’abord comprendre ce qu’Alejandro avait réellement préparé.
Le retour de l’homme que je croyais aimer
Il était presque minuit lorsque mon téléphone vibra.
Alejandro : « Mon amour, tout va bien à la maison ? Je viens de terminer une réunion. Tu as déposé Valentina chez ma mère ? »
Je relus le message plusieurs fois.
Il savait parfaitement que je devais partir. Il voulait simplement vérifier que son plan s’était déroulé comme prévu.
Je décidai de répondre sans laisser paraître ma peur.
Moi : « Nous avons eu un petit problème à la maison. Valentina est fatiguée. Je te raconterai demain. »
Il répondit presque immédiatement :
Alejandro : « Quel genre de problème ? Tu n’as pas touché à la baignoire, j’espère ? »
Mon sang se glaça.
Il venait de mentionner la baignoire sans que je lui en aie parlé.
Je fis une capture d’écran et la transmis à l’enquêtrice qui venait d’arriver.
— Gardez tous les messages, me conseilla-t-elle. Ne le confrontez pas seule. Nous devons préserver les éléments de preuve et comprendre ce qui a été installé.
Je lui racontai alors ce que j’avais entendu dans le garage, mot pour mot : la grossesse de Fernanda, l’assurance, les actions de l’entreprise et cette phrase terrifiante sur l’accident domestique.
L’enquêtrice prit des notes.
— Nous allons vérifier chaque élément. Pour le moment, votre priorité est votre sécurité et celle de votre fille.
Je lui remis également les documents de notre assurance-vie et les informations relatives à la structure de notre entreprise pharmaceutique.
C’est à ce moment-là que je compris une chose : Alejandro ne s’était pas contenté de préparer un piège. Il avait aussi étudié nos finances.
Le secret derrière l’assurance
Le lendemain matin, je rencontrai mon avocate, Mariana Torres, accompagnée de l’enquêtrice.
Nous découvrîmes qu’Alejandro avait récemment demandé plusieurs modifications concernant nos contrats d’assurance et certaines délégations de pouvoir au sein de l’entreprise.
Il avait notamment tenté d’obtenir une autorisation lui permettant de gérer seul une partie de mes actions en cas d’incapacité.
Mais il y avait plus inquiétant encore.