— Hier soir, j’ai entendu Teresa parler avec quelqu’un près de la buanderie. Je n’ai pas voulu tirer de conclusions. Mais après avoir découvert le bracelet, j’ai vérifié les images de la caméra du couloir.
Elle lança une vidéo.
L’image était légèrement sombre, mais suffisamment nette.
À 22 h 47, Teresa apparaissait dans le couloir. Elle regardait autour d’elle, sortait une clé de son sac et entrait dans la chambre de Lucía.
Elle en ressortait quelques minutes plus tard.
Lucía porta une main à sa bouche.
— Elle a placé le bracelet…
Amalia hocha lentement la tête.
— Je ne sais pas pourquoi elle a fait ça. Mais je sais que tu n’es pas entrée dans cette chambre pour voler quoi que ce soit.
À cet instant, Martín descendit les escaliers.
— Qu’est-ce qui se passe ?
Amalia lui tendit le téléphone.
Il regarda la vidéo une première fois, puis une seconde.
Son visage devint livide.
— Teresa…
Il se retourna vers le salon.
— Teresa ! Viens ici !
Sa sœur apparut quelques instants plus tard.
— Qu’est-ce qu’il y a encore ?
Martín lui montra l’écran.
Teresa pâlit, mais se reprit rapidement.
— Cette vidéo ne prouve rien. Je cherchais simplement quelque chose.
— Avec une clé, dans la chambre d’une employée ?
— Je voulais récupérer le bracelet !
— Alors pourquoi ne pas l’avoir déposé directement dans ma main ?
Teresa croisa les bras.
— Parce que tu ne m’aurais pas écoutée. Tu es devenu complètement différent depuis qu’elle est arrivée. Tu passes tes soirées avec son enfant. Tu as oublié Valentina.
Martín la regarda avec stupeur.
— Ne prononce pas son nom pour justifier ce que tu viens de faire.
— Je voulais te protéger !
— De quoi ? D’une femme qui travaille ici et qui n’a jamais demandé autre chose que son salaire ?
Teresa serra les lèvres.
— Tu ne comprends pas. Cette maison est en train de changer. Cette femme prend une place qui ne lui appartient pas.
Lucía intervint doucement :
— Je n’ai pris la place de personne. Je ne suis pas venue ici pour remplacer votre fille, ni votre sœur, ni qui que ce soit.
Elle prit Leo dans ses bras.
— Je suis venue parce que mon fils avait faim.
Martín baissa les yeux.
Il venait de comprendre que sa décision avait été prise exactement comme l’avait souhaité Teresa : sans écouter, sans vérifier, sans laisser à Lucía la possibilité de se défendre.
— Lucía, je te demande pardon.
Elle ne répondit pas.
— Je vais faire vérifier les images et les circonstances par une personne indépendante. Et je veux que tu saches que tu n’as pas à partir parce que ma sœur t’a accusée.
— Ce n’est plus seulement une question de bracelet, monsieur Aroca.
Martín acquiesça.
— Je le sais.
Teresa tenta encore de se défendre.
Elle affirma qu’elle avait voulu tester Lucía, qu’elle craignait qu’une inconnue profite de la fragilité de son frère. Mais les images montraient clairement qu’elle avait pénétré dans la chambre après avoir attendu que la maison soit silencieuse.
Amalia remit également à Martín un autre élément : un message vocal qu’elle avait enregistré par hasard lorsqu’elle avait laissé son téléphone près de la buanderie.
On y entendait Teresa dire à une amie :
— Depuis que cette femme est là, Martín recommence à vivre. C’est insupportable. Il faut qu’il se souvienne de ce qu’il a perdu.
Martín ferma les yeux.
Il ne pouvait pas savoir exactement ce qui avait motivé sa sœur. Mais il ne pouvait plus ignorer ses actes.
Il lui demanda de quitter la maison et suspendit son accès aux espaces privés. Il confia l’examen des images et des circonstances à son avocat afin que les faits soient établis correctement.
Puis il se tourna vers Lucía.
— Je ne te demanderai pas de rester. Je veux seulement que tu saches que ton salaire te sera versé intégralement, que ton contrat sera respecté et que je peux t’aider à trouver un logement si tu en as besoin. Sans aucune condition.
Lucía regarda son fils.
— Je vais réfléchir.
Ce soir-là, Lucía ne partit pas immédiatement.
Elle accepta de passer la nuit dans sa chambre, le temps de trouver une solution pour Leo. Mais elle posa une condition :
— Je ne veux plus que Teresa ait accès à mes affaires. Et je veux que tout ce qui concerne mon travail soit écrit dans mon contrat.
Martín accepta sans discuter.
Le lendemain, il fit venir un avocat chargé de revoir les conditions d’emploi et de logement. Lucía reçut également les sommes qui lui étaient dues.