Claire lut le message sans colère.
Elle répondit simplement :
« Une famille ne reste pas unie en décidant à la place des autres. Elle le reste quand chacun peut être libre sans avoir peur. »
Puis elle posa son téléphone.
Le lendemain, elle avait rendez-vous avec son avocate pour poursuivre les démarches de séparation. Le jeudi suivant, elle retournerait danser. Et le mois d’après, elle prévoyait un voyage de quelques jours avec Élodie.
Pour la première fois depuis trente ans, elle ne préparait pas sa vie en fonction de ce que Marc accepterait.
Elle la préparait en fonction de ce qu’elle désirait.
Et si cette vieille lettre lui avait révélé une trahison qu’elle ne pourrait jamais effacer, elle lui avait aussi rendu une chose qu’elle croyait perdue : la certitude qu’il n’était jamais trop tard pour reprendre sa propre histoire en main.