« Essayage pour mes photos de grossesse ! Merci encore à mon frère préféré. Il sait toujours comment prendre soin de moi. »

Je fixai l’image.

Je ressentis d’abord une douleur vive, puis quelque chose de plus froid et de plus clair.

Je n’allais pas laisser cette robe devenir le symbole de tout ce que j’avais accepté par peur de déranger.

Je pris une capture d’écran et la rangeai avec les autres documents.

Puis je posai mon téléphone et partis travailler.

Deux jours plus tard, Nick rentra à la maison avec un grand sac de courses.

Il avait acheté du lait, du pain, quelques fruits et des produits que nous avions presque terminés. Il les rangea dans la cuisine avant de venir vers moi.

« Bon, j’ai réfléchi. Je vais demander à Tara de te rendre quelques vêtements. »

Je le regardai.

« Quelques-uns ? »

Il soupira.

« Elle en a déjà porté certains. Elle a besoin du reste. On peut trouver un arrangement. »

« Nick, je ne lui ai jamais donné ces vêtements. Je veux les récupérer tous. »

Il se frotta le visage.

« Tu ne comprends pas que je suis pris entre vous deux ? »

Je répondis doucement :

« Non, Nick. Tu n’es pas pris entre nous deux. Tu as pris une décision sans me consulter, puis tu as refusé de la réparer parce que tu ne voulais pas contrarier ta sœur. Je ne t’ai jamais demandé de choisir entre Tara et moi. Je te demande de respecter notre mariage. »

Il resta silencieux.

Je poursuivis :

« Je suis à trente-quatre semaines de grossesse. Je suis fatiguée, j’ai besoin de mes affaires et je prépare l’arrivée de notre bébé. Tu as choisi ce moment pour donner tous mes vêtements à quelqu’un d’autre. Et maintenant, tu me demandes encore de céder pour que Tara ne soit pas contrariée. »

Il baissa les yeux.

« Je ne pensais pas que ça te ferait autant de peine. »

Cette fois, je ne lui facilitai pas la tâche en répondant que ce n’était pas grave.

« Je t’avais expliqué à quoi servait cette robe. Tu savais que j’avais acheté ces vêtements pour ma grossesse. Tu as simplement décidé que mes besoins étaient moins importants que les siens. »

Nick s’assit.

Pour la première fois, il sembla ne plus avoir d’argument prêt à l’emploi.

Il admit que Tara l’appelait régulièrement pour lui demander de l’aide. Depuis qu’elle avait appris qu’elle attendait un enfant, il se sentait responsable de la soutenir. Il voulait être le frère sur lequel elle pouvait toujours compter.

Mais au fil des mois, cette responsabilité avait pris une place de plus en plus grande dans notre vie. Il lui avait donné de l’argent, payé plusieurs achats et, finalement, décidé que mes vêtements seraient plus utiles chez elle.

« Je voulais juste l’aider », dit-il.

« Je le comprends. Mais tu pouvais l’aider sans me prendre mes affaires. »

Il hocha la tête, sans me regarder.

Je ne lui pardonnai pas immédiatement. Je lui dis que j’avais besoin de voir des actes concrets : récupérer mes vêtements, clarifier les dépenses communes et convenir de règles pour les futures aides financières à sa famille.

Il accepta enfin de contacter Tara.

Le lendemain, nous nous rendîmes ensemble chez elle.

Tara ouvrit la porte avec un air contrarié. Plusieurs sacs étaient empilés dans l’entrée. Lorsque Nick lui demanda de nous rendre les vêtements, elle le fixa comme s’il venait de la trahir.

« Tu m’avais dit que je pouvais les garder ! »

Nick inspira profondément.

« J’ai pris une décision qui ne m’appartenait pas. Ces vêtements étaient à ma femme. Je n’aurais pas dû te les donner sans lui demander. »

Tara resta bouche bée.

Je ne ressentis aucune satisfaction à la voir contrariée. Je voulais simplement récupérer mes affaires et rentrer chez moi.

Elle finit par nous laisser entrer.

Nous avons trié les vêtements ensemble. Certains étaient encore dans leurs sacs. D’autres avaient été lavés ou portés, mais restaient en bon état. Je récupérai également mes pyjamas d’allaitement et la robe vert sauge.

Tara protesta lorsqu’elle vit que je reprenais la robe.

« Tu ne pourrais pas me la laisser ? Je l’ai déjà essayée. »

Je la pliai soigneusement.

« Non, Tara. Je l’avais achetée pour moi. »

Elle croisa les bras.

« Tu es vraiment rancunière. »

Je la regardai calmement.

« Tu as le droit d’être déçue. Mais je ne suis pas obligée de renoncer à mes affaires pour éviter que tu sois contrariée. »

Nick ne dit rien pour me faire changer d’avis.

Ce silence-là était différent de celui du mariage de Tara avec ses exigences. Pour la première fois, il semblait comprendre qu’il n’avait pas à se précipiter pour satisfaire sa sœur chaque fois qu’elle manifestait son mécontentement.