Marc a ri à son tour.
« La prochaine fois, nous irons peut-être voir un film sans super-héros. Les méchants seront probablement moins bruyants. »
Puis son expression est devenue plus tendre.
« Tu sais, j’ai longtemps cru que garder la paix signifiait laisser passer les petites choses. Mais ce soir, je me suis rendu compte que je te laissais supporter seule quelque chose qui n’était pas juste. Je ne veux plus faire ça. »
Je lui ai serré la main.
Ce qui m’avait touchée, ce n’était pas qu’il ait réussi à faire intervenir le personnel. C’était qu’il ait remarqué ma fatigue, ma gêne et le fait que je n’en pouvais plus, alors que j’essayais encore de rester polie.
Nous avions attendu des mois pour cette soirée. Elle n’avait pas été parfaite, mais elle nous avait offert quelque chose de plus précieux qu’un film réussi : la certitude que nous pouvions compter l’un sur l’autre, même lorsque la situation devenait inconfortable.
Et j’ai retenu une chose ce soir-là : être un enfant explique parfois un comportement, mais cela ne justifie pas qu’on lui apprenne que les autres doivent subir ses caprices.
Le respect ne consiste pas à ne jamais déranger personne. Il consiste à reconnaître que les autres ont, eux aussi, le droit de profiter de leur soirée.