Quelques mois plus tard, j’ai appris que Thomas avait dû expliquer à sa famille pourquoi il avait menti sur la propriété de l’appartement et sur plusieurs emprunts. Je n’ai pas cherché à connaître tous les détails. Je n’avais plus besoin de suivre sa vie pour savoir si la mienne avançait.

Quant aux soixante plats, plusieurs invités m’ont écrit pour me dire que le repas était excellent.

Cette histoire m’a appris une chose que j’aurais aimé comprendre plus tôt : aimer quelqu’un ne signifie pas accepter qu’il vous maltraite. Et préserver les apparences d’un mariage ne vaut jamais le prix de sa propre dignité.

Ce jour-là, Monique a bien reçu ses soixante plats pour ses soixante ans.

Mais le plus beau cadeau que je me suis offert, à moi, c’est la possibilité de ne plus jamais confondre le sacrifice avec l’amour.