Quelques mois plus tard, leur organisation était devenue plus équilibrée. Sergueï avait appris à faire les courses, à préparer les repas et à s’occuper des besoins de son fils sans considérer cela comme une faveur rendue à sa femme.

Quant au réfrigérateur, il n’avait plus de zones réservées. Chacun pouvait y prendre ce dont il avait besoin.

Un soir, Dima ouvrit la porte, prit une saucisse et demanda en souriant :

— Alors, maintenant, tout est à tout le monde ?

Polina échangea un regard avec Sergueï.

— Non, mon chéri. Tout n’est pas forcément à tout le monde. Mais dans une famille, personne ne devrait avoir à mendier sa place à table.

Sergueï baissa les yeux, conscient que cette phrase lui était destinée.

Il avait voulu prouver qu’il pouvait vivre sans partager. Il avait finalement découvert qu’on pouvait partager les factures au centime près et rester profondément injuste.

Car un couple n’est pas une entreprise où chacun défend son territoire. C’est un partenariat où l’argent, les efforts et les responsabilités doivent être discutés avec respect. Et celui qui réclame l’égalité doit être prêt à regarder aussi tout ce qu’il recevait gratuitement.