Élodie fut entendue à son tour. Elle nia d’abord avoir connu les détails du projet, mais ses messages et les éléments recueillis pendant l’enquête permirent aux autorités d’examiner précisément son rôle.
Claire, de son côté, engagea une procédure de divorce, sécurisa ses comptes et modifia ses dispositions patrimoniales avec l’aide de son avocate.
Quelques mois plus tard, l’affaire suivait son cours devant la justice. Les responsabilités de chacun devaient être établies sur la base des preuves recueillies, mais une chose était désormais certaine : Claire ne serait plus jamais seule face à eux.
Elle retourna un après-midi à La Défense et s’arrêta devant le petit espace vert où elle avait rencontré Oscar.
Elle déposa quelques fleurs près d’un arbre.
« Je suis désolée de ne pas avoir compris plus tôt », murmura-t-elle.
Le vent souleva doucement les pétales.
Pendant des mois, Claire avait cru que son corps la trahissait. Elle avait accepté les explications de son médecin, les remarques de son mari et les sourires de sa belle-mère, jusqu’à douter de ses propres instincts.
Mais ce chien avait changé le cours de son histoire.
Sans lui, elle aurait peut-être continué à manger chaque jour dans cette boîte rose, persuadée que sa fatigue n’était que le prix de sa réussite.
Ce soir-là, en rentrant dans son nouvel appartement, Claire ouvrit un carton qu’elle n’avait pas encore déballé. À l’intérieur se trouvait une vieille photographie de son mariage.
Elle la regarda longuement, puis la posa dans une boîte avec les autres souvenirs.
Elle ne la déchira pas.
Elle n’en avait plus besoin.
Car la véritable victoire n’était pas de voir Julien perdre son argent, sa maîtresse ou sa liberté.
C’était de pouvoir se réveiller chaque matin sans craindre ce qu’on allait lui servir à déjeuner.
Et, pour la première fois depuis sept mois, Claire se prépara elle-même un repas.
Elle choisit une assiette blanche.
Puis elle sourit.
La boîte rose, elle, avait disparu de sa vie pour toujours.