Elle ne savait pas encore si elle récupérerait tout l’argent, si Thomas serait poursuivi ou si leur mariage prendrait fin devant un tribunal. Elle savait seulement qu’elle ne signerait plus aucun document sous la peur, qu’elle ne laisserait plus personne parler à sa place et qu’elle n’accepterait plus que sa souffrance serve de preuve contre elle.

Claire, elle, avait appris une leçon qu’elle n’oublierait jamais : la cruauté ne porte pas toujours une voix menaçante. Parfois, elle se présente avec un dossier bien rangé, un sourire rassurant et des phrases qui semblent raisonnables.

Et parfois, la personne que tout le monde trouve instable est simplement celle qui a enfin commencé à dire non.

Car cette nuit-là, Élodie n’était pas revenue chez sa mère pour qu’on décide à sa place. Elle était revenue parce qu’au fond d’elle, malgré le froid, la peur et les mensonges, une partie d’elle savait encore qu’elle avait le droit d’être crue.