— Peut-être. Mais tu m’as aussi menti. Et l’amour ne rend pas les mensonges moins graves.
Il se mit à pleurer.
Pendant longtemps, elle aurait tout fait pour le consoler. Elle aurait cherché une explication, une manière de réparer, un compromis qui permettrait à chacun de sauver la face.
Cette fois, elle ressentit seulement une immense tristesse.
— Je te souhaite de prendre tes responsabilités, Julien. Mais je ne serai plus celle qui les prendra à ta place.
Elle mit fin à l’appel.
Puis elle posa son téléphone sur la table et ouvrit la fenêtre de son salon. L’air frais entra dans la pièce.
Son appartement était toujours là.
Les clés étaient dans son sac. Les papiers de propriété se trouvaient dans un coffre sécurisé. Son compte professionnel avait été protégé et son avocate suivait le dossier.
Tout n’était pas réglé. Il restait des mois de démarches, des questions sans réponse et des souvenirs qu’elle ne savait pas encore comment ranger.
Mais elle n’était plus seule face à eux.
Camille avait passé des années à croire qu’être une bonne épouse signifiait supporter les difficultés sans se plaindre. Elle comprenait désormais qu’aider quelqu’un ne signifiait pas lui abandonner le droit de décider à sa place.
Et surtout, elle savait qu’une menace de divorce ne devait jamais l’obliger à nettoyer les preuves d’une fraude.
Cette nuit-là, Julien lui avait demandé de nettoyer le grenier de sa mère. En réalité, il lui avait donné l’occasion de découvrir ce qu’ils avaient préparé derrière son dos. Elle était entrée dans cette maison pour effacer des traces de vin. Elle en était ressortie avec les preuves qui lui permettraient de défendre sa liberté.