Il avait grandi, ses branches s’étendaient au-dessus du mur et quelques fruits commençaient à mûrir.
Madeleine posa une main sur la grille.
Elle pensa à Henri, à leur vie commune et à tout ce qu’ils avaient construit. Puis elle se redressa et reprit sa marche.
Elle ignorait combien de temps il faudrait pour régler définitivement les questions de propriété et de remboursement. Mais elle n’était plus seule, et elle n’attendait plus que sa fille décide de ce qui était bon pour elle.
À 74 ans, Madeleine avait perdu une maison, une partie de son épargne et l’illusion que l’amour familial suffisait à protéger des trahisons.
Mais elle avait conservé quelque chose d’essentiel : sa capacité à dire non.
Et lorsqu’elle rentra dans son nouvel appartement, elle ouvrit les fenêtres, prépara le thé qu’elle aimait et appela une amie pour organiser leur prochain vendredi ensemble.
Sa vie n’était pas terminée.
Elle recommençait simplement selon ses propres règles.
Car une mère peut aimer sa fille toute sa vie sans être obligée de lui abandonner sa maison, ses économies ou sa dignité.