Elle exigea simplement que la vérité soit établie.
Le jour où elle retourna à Lyon, Thomas l’accompagna à la gare.
— Je suis désolé pour ce qui s’est passé dans le hall, dit-il. Pour Clara, pour les dossiers, pour tout ce que je t’ai caché.
Élise ajusta la bandoulière de son sac.
— Ce n’est pas seulement ce qui s’est passé dans le hall. C’est ce que tu as laissé s’installer pendant des années.
— Je sais.
Il ne chercha pas à l’embrasser ni à lui demander de revenir immédiatement. Pour la première fois depuis longtemps, il accepta de ne pas décider à sa place.
Avant de monter dans le train, Élise sortit le petit écrin bleu et le lui tendit.
— Tu peux garder le stylo.
Thomas le prit avec précaution.
— Je croyais que tu me l’avais offert pour mon anniversaire.
— C’était le cas. Mais ce n’est pas un cadeau qui efface les erreurs.
Elle lui adressa un sourire triste.
— Utilise-le pour signer des décisions dont tu pourras être fier.
Puis elle monta dans le train.
Thomas resta sur le quai, le stylo dans la main, comprenant enfin que le pouvoir ne se mesure pas au nombre de personnes qui vous obéissent, ni à la peur que vous inspirez dans un hall de verre et de marbre.
Il se mesure aussi à la capacité de dire la vérité lorsque celle-ci menace votre image.
Et Élise, elle, repartit avec une certitude nouvelle : elle n’avait pas besoin de prouver qu’elle était l’épouse du PDG. Elle devait seulement s’assurer que personne, pas même l’homme qu’elle aimait, ne puisse confondre sa confiance avec un droit de lui mentir.