Elle prit une nouvelle feuille et dessina quatre personnages : elle-même, Léo, leur père et Nadia, qui était revenue les voir après avoir été contactée par Marc.

Cette fois, personne ne portait personne.

Ils se tenaient simplement par la main.

Marc conserva ce dessin dans son bureau, à côté de ses contrats les plus importants.

Il avait longtemps cru que protéger sa famille signifiait bâtir une fortune suffisamment grande pour que rien ne puisse lui arriver. Il avait appris trop tard que l’argent ne pouvait pas remplacer une présence, qu’une maison impeccable pouvait dissimuler une immense détresse et qu’un enfant silencieux n’était pas forcément un enfant heureux.

Il ne pouvait pas changer les mois précédents.

Mais il pouvait faire en sorte que sa fille n’ait plus jamais à se demander si elle devait souffrir en silence pour mériter son amour.

Et chaque soir, avant d’éteindre la lumière, il lui répétait la même chose :

— Tu n’as rien à prouver, Élise. Tu as le droit d’être une enfant.

Parce qu’au fond, la véritable richesse de Marc n’avait jamais été les centaines de millions négociés dans ses salles de réunion. C’était cette petite fille de huit ans qui, malgré tout, attendait encore qu’il rentre à la maison.