Sa patronne la salua sans poser de questions inutiles. Une cliente lui demanda une baguette tradition. Le four ronronnait. La vie ordinaire reprenait son cours.

Un soir, Françoise l’invita à dîner dans sa maison de Saint-Maur. La table était dressée pour deux, et les rosiers du jardin avaient retrouvé leurs premières feuilles.

— Tu sais, dit sa mère en lui servant du thé, je pensais que cette maison était ce qu’il fallait absolument protéger.

Camille leva les yeux.

— Et maintenant ?

Françoise sourit tristement.

— Maintenant, je sais que la maison n’a de valeur que si nous pouvons y vivre sans avoir peur.

Camille regarda son poignet, encore sensible par moments.

Elle pensa à la robe verte, aux menaces, à l’enveloppe conservée par sa mère et aux documents qui avaient permis de faire apparaître une vérité que Maxime voulait cacher.

Il avait cru qu’en lui brisant le poignet, il lui rappellerait qui commandait.

Il avait oublié une chose essentielle : il pouvait tenter de contrôler ses gestes, son argent et même ses souvenirs, mais il ne pouvait pas décider à sa place du moment où elle cesserait d’avoir peur.

Et ce jour-là, Camille avait enfin repris sa vie en main.