Hulijan l’attendait près des pommiers, une pelle à la main.
— Tu as terminé ?
Renata regarda les jeunes arbres, leurs petites branches encore fragiles qui s’étiraient vers le soleil.
— Oui, répondit-elle. J’ai terminé avec le passé.
Hulijan sourit.
— Alors, nous pouvons nous occuper de l’avenir.
Elle prit la pelle qu’il lui tendait.
Et ensemble, ils plantèrent le dernier pommier.
Cette fois, personne n’avait choisi sa place pour elle.
Cette fois, Renata savait exactement où elle voulait être.
Car la vérité la plus douloureuse n’était pas qu’on l’avait mariée à un homme que le village méprisait. C’était qu’on lui avait appris à croire qu’elle ne méritait pas de choisir.
Hulijan ne l’avait pas sauvée en devenant son maître.
Il l’avait aidée en lui rendant ce que sa famille lui avait volé depuis des années : sa liberté.
Et le secret découvert pendant leur première nuit de noces n’avait pas détruit leur vie.
Il avait détruit le mensonge sur lequel toute cette vie avait été bâtie.